Un langage qui transforme

Tamara Giger
3 novembre 2021
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Le langage n’est qu’une petite partie de la communication. Cependant, elle a tout de même son importance. Les mots choisis pour exprimer une idée, une perception ou encore un concept touchent l’inconscient de son interlocuteur. Ceux-ci ont donc un impact sur les croyances de la personne.

Les modes de communication

communication

Selon des études faites en 1970 par des chercheurs de l’Université de Philadelphie, les mots et les expressions ne représentent que 7 % de la communication. En effet, la majeure partie de la communication est non-verbale.  55% provient de nos gestes, de la posture du corps, du rythme de la respiration, … et 38% de notre voix : le rythme, le volume, les intonations, … 

L’importance du langage chez l’enfant

Les enfants sont particulièrement sensibles aux mots utilisés lorsqu’on leur parle.

Premièrement, parce que leur perception est différente de celle d’un adulte, dû à leur jeune âge et au peu d’expériences qu’ils ont en référence. Ces derniers ne peuvent pas comprendre et se faire une représentation des mots qui n’ont pas été préalablement appris et compris.

Un parent demande à son enfant de 7 ans de dessiner un cercle. Le jeune le regarde et dit qu’il ne sait pas faire. Le parent s’énerve en lui disant « Mais bien sûr que tu sais faire un rond ! ». L’enfant lui dit alors « Ah oui, un rond je sais faire mais pas un cercle ! ». L’enfant n’ayant pas le mot « cercle » dans son vocabulaire, il était dans l’impossibilité de faire une représentation mentale de ce mot.

langage - communication

Deuxièmement, les représentations qu’ils se font en entendant les mots que nous leur disons peuvent être déformées. Les enfants filtrent les informations de manière très explicite. Ils comprennent souvent ce que l’on dit au sens littéral et n’ont pas assez de maturité et expériences pour comprendre les sous-entendus. Notre discours d’adulte manque quelque fois de clarté et nous oublions souvent de faire reformuler ce que l’on vient de dire à l’enfant afin de s’assurer que celui-ci ait bien compris le message.

La publicité de Canal Plus datant de 2005 sur la Marche de l’Empereur illustre bien l’incompréhension qui peut s’installer lorsque la communication manque de clarté et que le cadre de référence est différent entre deux personnes.

Troisièmement, parce que les représentations des enfants créent chez eux des croyances soutenantes ou limitantes. Les enfants généralisent beaucoup. De ce fait, si la croyance générée par l’enfant est limitante, il aura tendance à la généraliser à d’autres contextes. 

Un enseignant disant à un élève qui est dysgraphique et qui a de la difficulté à suivre les consignes données et à faire des traits précis « Ton dessin est moche ! Recommence-le, ce n’est pas ça que j’ai dit de faire ! ». L’enfant enregistre « Je dessine mal. Je suis incapable de dessiner ». Il va donc arrêter de dessiner afin d’éviter de se reconfronter à ce genre de remarques.

L’écoute active

Les mots choisis pour communiquer avec les enfants sont importants. Cependant, écouter l’enfant est tout aussi cruciale pour le comprendre et se faire comprendre. L’écoute active est une écoute authentique, permettant d’être dans l’instant présent et de s’intéresser vraiment à la personne. De ce fait, la communication est profonde et non superficielle. Pour savoir en quoi consiste l’écoute active et comment l’appliquer, je vous conseille de lire l’article à ce sujet en cliquant ici.

Quelques conseils pour bien communiquer

  • Tenez compte de l’âge de l’enfant et de son lexique. Adaptez votre langage en conséquence.
  • Demandez à l’enfant de reformuler ce qu’il a compris afin de s’assurer de sa compréhension.
  • Utilisez un langage factuel et soignez le plus explicite possible.
  • Expliquez bien au jeune le contexte dans lequel vous lui faite une remarque afin d’éviter les généralisations (quand, où, etc.).
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